Portrayed by the Agefi

The Agefi, Romandy’s economic daily newspaper, published a nice portrait of me the day before the LIFT evening in Seoul. Now I understand why I got so much fun poked at me by sms last Tuesday. All my Swiss buddies had seen the article but I wasn’t aware it was out.

Laurent Haug connecte la Suisse à la Corée, laboratoire du futur
Le fondateur des conférences Lift à Genève va dès demain créer l’événement à Séoul. Portrait d’un metteur en relation. (11 sept. 07, PDF version here)

Pour connaître un technophile, il faut se pencher sur son ordinateur. Laurent Haug, concepteur et organisateur des conférences Lift à Genève et dès demain à Séoul, ne fait pas exception à la règle. Ce jeune entrepreneur français de 31 ans ne se sépare jamais de son seul outil de travail. Comme tout bon «geek» (technophile) qui se respecte, il a choisi un Mac comme fidèle compagnon. Devenu à force une sorte de prolongement de son anatomie, il le balade dans les rues de la Cité de Calvin, entre le café du Grütli, Unimail ou le restaurant du Parc des Bastions, là où se connecte au réseau sansfil de la ville cette nouvelle génération d’entrepreneurs du Web. Sur le boîtier de la machine, quelques autocollants attirent l’attention. Le premier, une pomme semblable au symbole de la marque d’Apple mais rouge avec une petite croix blanche. Comme l’expression de son attachement à la Suisse. Le reste du couvercle du portable est mangé par trois adhésifs rouges verts et bleus frappés du logo Lift: une croix vers laquelle se concentrent des dizaines de phylactères blancs. Lift, c’est l’événement auquel ce Suisse de cœur consacre l’essentiel de son temps et son énergie. «Après une courte expérience dans le domaine de la banque privée, j’ai lancé à mon compte Lift Lab, une agence de conseil aux entreprises spécialisé dans les technologies», raconte ce diplômé de HEC Lausanne. La distinction est très claire: le consulting est une activité secondaire. Et Lift, cette plateforme de discussion pour parler des technologies et de leur impact sur la société, son véritable mantra.

Un concept importé du Danemark

L’idée a germé en 2005, alors que l’éclatement de la bulle internet résonnait encore aux oreilles de beaucoup. «Les parents préféraient alors que leur fille se marie à un artiste plutôt qu’à un webdesigner», commente en riant l’entrepreneur. Mais 2005 signe le retour en grâce des techs en Europe. A l’occasion d’un sommet au Danemark qui réunit les bloggeurs du monde entier pour discuter des tendances du futur, Laurent Haug décide d’importer le concept en terre helvétique. Sans en faire cependant une nouvelle étape sur le circuit encombré des stars de la blogosphère. Au contraire, il concocte une recette beaucoup plus personnelle. La conférence mêle ainsi présentations de spécialistes à des espaces artistiques et même ludiques et se veut une plateforme de rencontre entre les mondes réel et virtuel. Pour se démarquer de ses concurrents, Laurent Haug mise sur des orateurs encore peu connus. «Nous sommes par exemple allés chercher sœur Judith, l’éditrice du site du Vatican.» Dans quel but? «Je l’ai fait venir à l’attention des banques privées, pour qu’elle leur explique que la longévité d’une institution comme celle de l’Eglise catholique n’est pas une excuse pour ne pas changer et regarder de l’avant», détaille, les yeux bleus pétillants, cet entremetteur professionnel.

Et l’événement se veut sans frontières nationales; plutôt normal pour le fils du fondateur du programme d’échange universitaire Erasmus! Lift s’exporte en Corée dès demain pour une première série de conférences d’une journée à Séoul. Par la suite, les sommets Lift se tiendront en février à Genève et en juin au Pays du Matin calme. Pourquoi là-bas? «Ce pays est en avance technologiquement sur tout le monde. Le taux de pénétration du haut-débit au sein des ménages atteint 103%!» s’exclame ce perfectionniste qui ne cache pas ses ambitions. La Corée connaît également des problèmes qui devraient se poser bientôt en Suisse et en Europe. Certaines stars locales se sont suicidées, par exemple, en raison du harcèlement online pratiqué par certains internautes. A tel point que le gouvernement a dû réagir et a imposé un système d’identité numérique. «Je souhaite apporter dès maintenant un éclairage sur ce genre de problématique et commencer à trouver des solutions», promet le Français à la stature imposante. Pour ce «technoréaliste», comme il aime à se décrire, la technologie n’est pas une fin en soi, mais au contraire un moyen d’entrer un contact, de se rassembler, voire de communier. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la bonne chère occupe une place aussi importante chez ce Champenois né d’une mère bordelaise et d’un père alsacien. «Le moment que je préfère pendant Lift, c’est la désormais traditionnelle fondue autour de laquelle se réunissent tous les participants lors du deuxième jour du cycle de conférences.»

«J’ai besoin de savoir que je fais la différence»

Pourtant, cette envie de rassembler se heurte souvent aux barrières latentes de ce pays qu’il adore. Il tente actuellement un rapprochement entre Lift et son pendant zurichois Tweakfest, «mais de nombreuses résistances se font sentir du côté de certains participants. D’ailleurs, Lift est trop souvent considéré comme une manifestation romande, alors que je la perçois comme helvétique», déplore l’entrepreneur. «Il existe en Suisse une sorte de mentalité qui confond confiance en soi et en ses projets avec de l’arrogance, constate un brin amer Laurent Haug. J’ai dû m’habituer au fait que les gens et même certains proches semblent désolés pour moi dès que je tente une nouvelle aventure.» Cela ne l’a toutefois pas empêché de tomber amoureux de la région, allant jusqu’à adopter une certaine pudeur toute helvétique. «Je n’ai jamais voté, car je ne pense pas que ce soit la meilleure façon de changer les choses à mon niveau. J’ai besoin de savoir que ce que je réalise a de l’influence, fasse la différence», clame, inébranlable, le jeune entrepreneur déjà vétéran du web. «Ma passion, c’est de mettre les gens en relation.»

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